BPIFrance a toujours la côte, 9 mois après son lancement

24 Sep 2013 at

BPIFranceInvités à un petit-déjeuner BPIFrance, dans le cadre son road-show ‘en province’ lancé il y a plusieurs mois, c’est l’occasion de faire un bref point et de donner le premier retour des entrepreneurs.

Cette institution est désormais incontournable dans le paysage économique français. Mais quelles sont les ambitions ? Les moyens et les premiers résultats ?

Créée par la Loi du 31 décembre 2012, cette banque n’est curieusement pas une banque car elle ne dispose pas de licence de banque. Elle est dirigée par un pétillant Directeur Général, ex-numéro 2 de CapGemini. Elle est issue de plusieurs établissements financiers : Oséo (banque de prêt aux PME et de soutien à l’innovation), la CDC Entreprises et le Fonds stratégique d’investissement (FSI).

Elle intervient dans le contexte de resserrement du crédit bancaire enclenché en 2007, avec pour objectif de soutenir en priorité les PME exportatrices et les entreprises innovantes. L’ambitieux crédo de la banque, c’est le continiuum (le one-stop-shop) de financement de la TPE jusqu’à la grande entreprise. La BPI (banque publique d’investissement) est d’abord implantée en région (37 antennes) et elle accompagne les entreprises de l’amorçage au IPO, du crédit aux fonds propres.

Elle met en avant 3 arguments : le directeur régional a une vision globale du soutien qu’il peut apporter, 90 % des décisions se prennent en région et les délais sont très courts, en somme l’inverse du mouvement de concentration des réseaux bancaires.

Des filières porteuses sont clairement désignées par la BPI. Il s’agit du numérique, biotech, santé, transition énergetique, aeronautique, ferroviaire, nucléaire, robotique, ESS.

Les résultats annoncés pour 2012 restent modérés au regard de ce potentiel d’entreprises et des budgets prévus. BPIFrance et ses 2.000 salariés ont accompagné 3.200 projets innovants, 1.680 projets à l’international, 1.000 entreprises en fonds propres. L’essentiel des volumes se trouve sur les garanties de prêts bancaires avec 7.2000 par an, 20.000 projets en cofinancement avec les banques.

Les nouveautés 2013 ont bien sûr été le préfinancement du CICE et du CIR, et un nouveau fonds de garantie pour financer la trésorerie des entreprises. Un nouveau prêt pour l’innovation et le lancement de fonds sectoriels pour les filières d’avenir vont ponctuer cette rentrée de BPIFrance.

Dans les faits, les entreprises ont un sentiment positif de leurs premières rencontres. Les interlocuteurs sont de bon niveau. Ils ont une bonne connaissance de l’entreprise et de ses questions de financement. Ils connaissent bien la gamme de soutiens qu’ils peuvent activer en face de projets d’entreprises.

Par contre, le guichet unique a l’inconvénient de créer des embouteillages dans certaines régions où les chargés d’affaires sont peu nombreux. Hors des métropoles, un chargé d’affaire peut gérer 1 département voire 2. Dans les très grandes villes, il arrive qu’il faille compléter un questionnaire de pré-sélection, avant de pouvoir décrocher un précieux rendez-vous téléphonique de présentation de l’entreprise et de ses projets. Une fois passée cette nouvelle étape, un rendez-vous en face à face pourra être organisé.

Les moyens financiers – on parle de 42 Mds d’euros – sont considérables – mais les équipes paraissent modestes pour un potentiel de ‘clients’ aussi important. Gageons que la montée en puissance de cette institution, qui se veut guichet unique, n’est qu’une affaire de mois.