Aides financières publiques : vous êtes plutôt subventions ou avances remboursables ?

20 Juil 2013 at

Aides financièresAuprès des PME de croissance, nous soutenons depuis longtemps l’utilisation vertueuse des financements publics disponibles pour les projets de développement. En période de difficulté d’accès au crédit, les dirigeants que nous rencontrons les plébiscitent comme un chaînon clé de leur financement. Les start-ups savent que l’argent attire l’argent, et que les financements publics attireront le love money, les business angels et plus tard les fonds d’investissement. Les PME plus expérimentées utilisent les aides financières publiques pour réunir plus de fonds, rassurer les banquiers et limiter les garanties. Mais à choisir, tous réclament plus de subventions que d’avances remboursables. « La subvention se conserve et l’avance remboursable, un prêt à taux zéro, se rembourse ».

Ont-ils raison, d’autant plus que les avances remboursables sont de plus en plus pratiquées par tous les organismes dispensateurs ?

C’est un jugement un peu rapide.

Dans les faits, une subvention n’est pas forcément le financement optimal pour les PME. Elle est souvent d’un montant faible au regard du coût des projets à soutenir.

Une avance remboursable peut être d’un montant 4 à 8 fois supérieur à celui d’une subvention sur la même thématique. Une subvention est rarement versée en une seule fois. Il est fréquent qu’elle soit versée en 2-3 fois sur « travaux faits », donc une fois les projets réalisés. L’entreprise, même si elle doit toujours financer sur ses propres deniers une bonne partie du projet, devra donc utiliser sa trésorerie le temps de percevoir les versements de subventions attendus.

A l’inverse, les avances remboursables sont souvent versées rapidement, en une fois voire deux si le projet est organisé en phases très distinctes. Le montant du prêt à taux zéro est conséquent. La PME n’a pas à faire l’avance complète des fonds. L’avance remboursable est assez souvent assortie d’une possibilité de différé de remboursement d’un an par exemple.

Prenons un exemple. Une PME doit financer le projet de développement d’un nouveau produit. Le budget sur une période de 2 ans est de 100.000 euros. Il comprend des dépenses internes et externes.

Dans le cas d’une subvention, l’entreprise se voit financer par exemple 20% du budget, soit 20 000 euros. Elle les recevra en plusieurs versements au fur et à mesure du projet. Entre temps, elle devra financer ces sommes. Dans le cas d’une avance remboursable, elle peut atteindre 60 000 euros sur 5 ans, avec un an de différé. L’entreprise recevra rapidement les fonds et disposera d’un apport en trésorerie très significatif. Ce prêt sera souvent peu gourmand en garantie. Il facilitera l’adossement d’un prêt bancaire complémentaire, car le risque du banquier aura été diminué. Enfin, par rapport à un crédit moyen terme au taux actuel, la PME économisera avec cette avance remboursable près de 8 000 euros d’intérêts et de frais.

Plusieurs autres paramètres sont à prendre en compte, en particulier le traitement comptable de chaque aide financière.

L’avantage et l’efficacité d’un moyen de financement comme une subvention ou une avance remboursable ne sont donc pas toujours affaire d’intuition.